08 novembre 2008
1: Premiers pas.
Fitz est arrivée à Carcéral on ne sait comment. Seulement, elle y est arrivée.
L’on raconte qu’elle s’échappât lors
d’un raid aussi meurtrier que violent sur le village où logeaient ses
parents. Alors adolescente, Fitz subit les pires violences physiques
qu’un homme puisse infliger à une jeune fille.
Cela marqua profondément Fitz.
Arrivée à Carcéral, elle ignorait
tout de ce qui l’attendait. Il fallait bien vivre. Elle se devait de
trouver un travail, un toit où dormir, et quelque chose à manger.
Les études de médecines lui semblèrent attractives. Elle s’y lança donc.
Elle croisait régulièrement des
personnes dans les rues de Carcéral. Elle apprit qu’elle était dans une
ville de l’Imperium, appelé également Empire Brun. L’empire du Mal.
Elle s’y sentait bien, à son aise.
Peu à peu, elle fit la connaissance des gens qu’elle croisait. Un homme lui promit même le mariage. Un certain Blade Killer.
Il portait un titre: gouverneur des
Plaines Irradiées. Qu’était-ce donc que ça? La province où se situait
Carcéral, ainsi qu’une autre ville: Kouyan, bien plus modeste.
Une femme, Heidi l’avait chaleureusement accueilli. Bien plus
chaleureusement qu’elle ne l’aurait souhaité: Fitz n’était pas de ce
genre.
En faisant les allers retour entre
l’hôtel où elle logeait et le campus universitaire, elle apercevait
chaque fois un grand batiment des plus sombre. Elle croyait même
entendre des hurlements en sortir parfois.
Elle avait envie de s’en approcher, de voir ce qui se cachait derrière
ces murs. Mais elle n’osait pas. Fitz savait qu’elle n’était pas forte,
et avait peur d’afronter le danger de face.
2: Début vie active.
A présent, Fitz maniait le scalpel avec précision. Elle savait quoi faire pour sauver, quoi faire pour tuer.
Elle avait pris conscience du monde dans lequel elle se trouvait: elle avait enfin ouvert les yeux.
L’Imperium s’imposait à elle de plus en plus comme une oeuvre majestueuse qu’elle devait servir par tous les moyens. Qu’importe sa vie.
Le gouverneur toujours en place,
Blade, ne lui parlait plus de mariage. C’était elle qui le relançait de
temps en temps. Mais, les jours passant, elle revenait sur son envie.
Voulait-elle vraiment se marier avec lui?
Il se vantait trop souvent de ses maîtresses. Aucune n’avait un poste
en dessous de ministre. Alors, elle, Fitz, qu’avait-elle avec rien,
simple citoyenne? Elle ne voulait pas de mépris.
Le gouverneur se fit absent quelque
temps. Trop longtemps pour quelques personnes de la province. Joker
décida de faire un coup d’état provincial et pris le poste de
gouverneur. L’équipe de fonctionnaires en place ne lui convenait pas:
il voulait un nouveau bourgmestre sur Carcéral, capitale de la province.
Joker écrivit à Fitz afin de lui demander si elle voulait prendre le
poste. Elle était jeune, motivée, et neutre dans l’affaire: la
candidate choisie parfaite.
Afin de s’avancer sur la scène politique, Fitz accepta ce poste.
Elle ignorait que Blade avait en horreur ce Joker.
3: Tournant.
Fitz entreprit donc de faire avancer
sa ville: Carcéral. Elle devait prendre en main les rennes de la ville,
même si elle ne savait que faire. Heureusement, elle avait du soutien
provenant de diverses personnes, dont certaines connaissant le poste.
Elle suivi les conseils, et mena à bien ses projets.
Quand Blade repris du service, et
qu’il se rendit compte qu’on lui avait volé ce qu’il considérait comme
son poste attribué, il commença à s’énerver. Les promesses de mariage
étaient bien loin à présent. Fitz se retrouvait seule devant celui qui
l’avait protégée auparavant, et qui voulait maintenant lui faire la
peau.
Fitz se sentait très seule.
Joker, au niveau provincial avait nommé un certain Frère Ben Schmark, qui occupait le poste de préfet.
Ce dernier parlait beaucoup de Naar, et d’une sainte pluie de cailloux.
Fitz ne comprenait pas de quoi il voulait parler, mais était des plus
intriguées. Elle commença à parler avec ce Ben, et se rapprocha de lui
doucement.
La situation avec Blade ne
s’arrangeait pas. Fitz n’arrivait plus à travailler normalement avec la
pression qui régnait sur ses jeunes épaules, et fini par faire une
crise de paranoïa. Elle n’osait plus sortir de sa chambre d’hôtel,
laissant ainsi l’hôtel de ville à l’abandon. Elle avait peur, et
personne n’était là pour la rassurer dans sa jeune ignorance.
Dans une crise de nerfs incontrôlée, elle laissa entrer le préfet dans
sa chambre. Il s’inquiétait pour elle, et voulait savoir ce qui se
passait.
Au bord des larmes, elle se lâcha d’un coup, et déballa tout ce qu’elle
gardait trop soigneusement caché en elle. Tant de tensions, tant de
peurs, tant de craintes! Ben l’écoutait parler d’une voix cassée,
parfois lente, parfois trop rapide.
Quand elle eut fini, elle leva les yeux vers lui. Il s’accroupit devant
elle, et la pris doucement dans ses bras. Elle était secouée par les
sanglots, mais se calmait peu à peu. Ben n’avait toujours pas dit un
mot.
Une fois qu’elle s’était complètement calmée, Ben la regarda et commença à la rassurer. Il lui expliqua, avec toute son expérience, que Blade ne pouvait pas s’en prendre directement à elle. Elle était en sécurité, même si ce Blade faisait tout pour lui faire croire le contraire. Et puis, si elle avait besoin de quoique ce soit, elle pouvait lui demander: il serait là.
Fitz avait donc quelqu’un à présent sur qui s’appuyer en cas de besoin. Elle se sentait moins seule, ça allait mieux.
Les jours passaient, pas aussi vite
qu’en temps tranquille certe, mais de manière correcte. Fitz avait
toujours une boule à l’estomac quand elle sortait seule dans la rue, ou
quand elle rentrait dans un bâtiment où personne ne se trouvait. Et
s’il y avait un piège, un piège de Blade?
Mais ce ne fut pas le cas. Cependant, sur le
moment, Fitz n’en savait rien. Elle parlait souvent à Ben qui
l’écoutait avec toujours autant d’attention qu’au premier soir. Elle appréciait parler avec lui. Plus qu’elle ne pensait.
Un autre tournant l’attendait à présent.
4: Fitz prend de l’assurance.
Fitz se plaisait à son poste de
bourgmestre. Elle avait appris à gérer une ville, elle donnait des
ordres à ses fonctionnaires, et réalisait ses projets.
Elle se sentait bien avec ce Ben qui avait une patience d’ange à l’écouter, et Blade s’était un peu calmé.
Que demander de plus?
Bien sûr, c’était trop beau pour durer.
Joker, en tant que commerçant n’a pas
pu résister en voyant affluer l’argent dans les caisses de la province.
Il détourna des fonds à son profit personnel, et perdit son poste de
gouverneur.
Pour couronner le tout, il laissa un mot: il
remerciait les deux bourgmestres d’avoir été si facilement manipulables
pour faire remonter l’argent.
Seulement, Fitz s’en était doutée, et avait prévu le coup. Elle n’avait pas remonté l’argent de la ville à la province, et avait même fait des stocks. Si la bourgmestre de l’autre ville, Kouyan n’avait rien vu venir, ce n’était pas sa faute.
Les choses étaient telles que la province se retrouvait sans tête: sans gouverneur.
La ministre de l’intérieur du moment, Soleil
Noir, prenait son travail très à cœur. Elle passait voir chaque
province à tour de rôle, sans en oublier une.
Lorsqu’elle arriva aux Plaines Irradiées, elle prit connaissance de la situation.
Fitz, qui ne voulait pas de Blade
comme gouverneur, écrivit à Soleil afin de lui demander de ne pas le
nommer, et de faire le choix le plus réfléchi que possible.
Pas un seul instant elle n’avait pensé à la réponse qu’elle allait recevoir.
Soleil lui demandait si elle, jeune et dynamique Irradiée, ne voulait pas postuler pour ce poste de gouverneur?
Fitz était étonnée qu’on lui demandât
une chose pareille. Elle, gouverneure? Non non… Elle n’en avait pas la
carrure, et encore moins l’envie.
Elle relut la réponse qu’elle avait reçu de Soleil. Elle avait trois jours pour dire si elle postulait ou pas.
Et si elle se lançait? Elle avait du soutien, surtout celui de Ben. Et
puis, elle s’en était bien sortie avec la ville. Pourquoi pas la
province maintenant?
Fitz prit la décision de postuler pour ce poste. Et après l’envoi d’un programme approuvé par Ben, elle pu s’asseoir dans le fauteuil du gouverneur. Ou plutôt, de la gouverneur.
Mais forcément, une nouvelle ne va
jamais seule. Si elle avait réussi à grimper dans les échelons, il
devait y avoir une contrepartie.
La contrepartie en question était Blade.
En effet, quand il sut que le poste de gouverneur lui avait échappé une
seconde fois, il s’énerva à nouveau et reprit de plus belle les menaces
et sa guerre froide. Elle était entièrement ciblée contre Fitz cette
fois, et cette dernière encaissait tout de face. Ben la soutenait
toujours avec autant d’attention qu’il pouvait. Fitz appréciait
énormément son aide, mais n’osait même pas le remercier.
Mieux préparée cette fois ci, Fitz apprit à mieux faire face à Blade. Sans lui montrer qu’elle n’avait plus aussi peur qu’avant, elle lui prêta moins d’attention, et le réduisit au silence sans rien faire. Des menaces en l’air, mais jamais rien: il bluffait.
La situation revenait à la normale peu à peu. Les grondements de la population s’évanouissaient au loin, tout le monde reprennait sa vie quotidienne, Fitz à la gouverne de la province.
5: Une nouvelle discrète.. mais quand même vue.
Fitz respirait à nouveau. Elle restait souvent avec Ben, et avait même trouvé les moyens de le remercier de son actif soutien durant toute la période qui venait de passer.
Il l’emmena visiter un bâtiment qu’elle n’osait approcher seule: la cathédrale de Naar, sa cathédrale.
L’intérieur était drôlement sombre.
Pourtant, on y voyait sans problème. Une atmosphère envoûtante y
régnait. A la fois intrigante, attractive, et effrayante. Le côté
sombre de la religion. D’étranges sanctuaires se trouvaient de ci de ça
sous l’immense voûte gothique. Un liquide rouge y imprégnait la pierre
usée. Du sang? Probalement.
Ben l’emmena au centre, devant un autel majestueux. Un fin rayon de
lumière y descendait, et permettait de voir les détails d’une fine
nappe brodée qui le recouvrait.
Derrière, une autre salle se laissait deviner. Une porte sombre était
entrouverte, laissant se diffuser une odeur qui poussait à la curiosité.
Ben passa son bras autour de la
taille de Fitz. Elle revint sur terre, et se rendit compte que Ben la
regardait avec une intensité qu’elle avait du mal à soutenir. Pourtant,
elle avait les yeux pour. De magnifiques yeux enfoncés dans un noir de
jais qui gelaient tout ce qu’ils touchaient.
Il la saisit des deux mains cette fois,
toujours à la taille, et l’assit doucement sur la fine nappe de
l’autel. Fitz n’était pas bien lourde, et cela permit à Ben de le faire
en douceur.
Toujours en la fixant dans les yeux, il s’approcha peu à peu. Voyant
qu’elle ne bougeait pas, il continua jusqu’à se retrouver face contre
face. Il passa de façon subtile un bras dans le dos de Fitz, gardant sa
main libre sur sa cuisse.
Alors, il l’embrassa.
A son contact, Fitz se crispa
légèrement. Elle s’y attendait, mais ne pouvait qu’être surprise.
Comment un geste tendre pouvait se passer dans un lieu pareil? La
contradiction était à son maximum, mais Fitz ne pouvait s’empêcher de
savourer l’instant présent.
Quand il eut fini de l’embrasser, Ben se recula de quelques
centimètres, et la fixa à nouveau. Cette fois, Fitz soutint son regard.
Leurs yeux pétillaient.
Fitz eut une idée, mais ne dit rien. Elle voulait attendre, voir ce qui se passerait les jours suivants.
Ben venait la voir régulièrement à l’hôtel. Jusqu’au soir où, devant la
quitter pour la nuit, il ne voulut pas dormir seul, et l’invita chez
lui. Il avait fini les travaux de sa cathédrale, dorénavant majestueuse
basilique.
Il l’emmena cette fois dans la sacristie,
qui se trouvait au fond. La porte restée entrouverte le jour du baiser.
Un lit accueillant se trouvait au milieu de la pièce, bien plus
accueillant que le lit de l’hôtel.
Fitz se glissa sous les draps, prête à
dormir. Elle sentit Ben se coller contre elle. La chaleur que dégageait
son corps était étrangement douce, Fitz se détendait à une vitesse qui
l’étonnait. Elle se sentait simplement bien.
Sa décision, elle la dirait à Ben le lendemain, oui. Elle ne pensait pas essuyer de refus, mais elle appréhendait quand même.
Pensant où elle était, et avec qui, elle ferma les yeux et s’endormit calmement.
Lorsqu’elle se réveilla, elle était seule dans le lit. Elle se leva, s’habilla et sortit. Elle croisa Ben qui revenait les bras chargés. Tout un petit festin! Cela sortait tout droit des fours chauds, et sentait drôlement bon. Elle fit marche arrière avec Ben, et prit son petit déjeuner avec lui, en tête à tête.
Et puis, leur travail respectif les appelait. Fitz devait gérer la province, et Ben faire en sorte que l’insécurité n’augmente pas. Ils ne se revirent que le soir.
Fitz devait aller chercher quelques
affaires à l’hôtel. Ben la suivit pour l’aider, car elle n’avait pas
les bras assez longs pour tout prendre.
Arrivée dans la basilique, elle déposa tout et prit la main de Ben. A
son tour, elle se dirigea vers l’autel. Le rayon de lumière n’était
plus, mais la Lune éclairait d’une lumière diffuse l’intérieur.
Elle se mit à sa hauteur, et prit ses deux mains dans les siennes. Le
regardant au plus profond de ses yeux, elle lui demanda d’une voix
légèrement tremblante, mais pas hésitante:
Veux tu m’épouser?
Ne le lâchant pas des yeux, elle le dévisageait, attendant sa réponse avec impatience.
Un voile balaya les yeux de Ben. Fitz crut un instant qu’il allait refuser.
Il ouvrit la bouche, et doucement répondit:
Oui!
Alors, devant l’autel du dieu Naar,
ils s’unirent tard dans la nuit, cachés du regards de tous, seul à
seul, comme ils le souhaitaient.
Aussitôt, ils s’enfuirent dans la sacristie, pour une nuit qui ne regardait qu’eux deux.
Leur mariage était consommé.
6: Moments tranquilles
La période qui suivit fut calme. Un peu trop calme.
Un certain nombre d’Irradiés était absent pour raisons personnelle, et
Fitz se retrouvait à la tête d’une province pas loin d’être fantôme.
Les dossiers étaient tous finis, aucun n’arrivait. Il n’y avait rien à faire.
Elle passait toujours autant de temps avec Ben, que ce soit juste pour être avec lui, ou pour faire ce qu’un couple fait.
Ils étaient d’une discrétion remarquable. Si leur mariage n’avait pas
échappé au fameux Gestin Bond, ils ne le mettaient pas en avant, mais
cela ne les empêchait pas d’être très proches l’un de l’autre.
Leur lune de miel se déroulait sur place, rien qu’entre eux deux. Et ça leur suffisait.
Blade était passé général, depuis ses crises de menaces. Il avait réussi à grimper un peu plus haut, et du coup, Fitz se retrouvait à peu près sous ses ordres. La situation ne lui plaisait guère, mais elle devait faire avec.
Les relations de l’Imperium avec la Confédération se désagrégeaient lentement mais sûrement. Blade était aux aguets en permanence. Il voulait que Fitz prépare la province à une éventuelle tentative d’invasion. En effet, la province des Plaines Irradiées se situait à la frontière même de l’Imperium et la Confédération. C’était un véritable rempart brun.
Fitz faisait son possible, mais la province inactive ne lui facilitait pas la tâche.
Si aucune tentative d’invasion n’eut lieu, il y eut cependant des
raids, ayant pour but de fragiliser. Il ne fallait pas y répondre:
c’eût été un accident diplomatique précipitant le désagrègement des
relations diplomatiques.
Plus au nord, toujours en Imperium,
les tensions montaient également. La Républike Kralandaise montrait les
dents, et se faisait de plus en plus menaçante.
Le Khanat Elmerien ne disait rien, mais rassemblait ses troupes.
La guerre se préparait doucement.
Peu à peu, les Irradiés revenaient.
Ce fut un, puis deux, puis trois. Et enfin, presque toute la province
était présente. Les affaires allaient pouvoir recommencer.
Mais, c’était sans compter sur la vie privée de Fitz.
Elle aussi, à son tour, devait s’absenter pour une période indéterminée.
Quitter son mari sans savoir quand elle allait le revoir lui était
difficile. Beaucoup plus qu’elle ne le laissait voir. Elle passait tout
son temps avec lui,
Vint le moment où elle dut partir.
Elle rangea son bureau, qui n’allait plus
être le sien tout prochainement. Ses affaires avaient été retirées,
tout était propre. Elle n’avait plus qu’à partir à présent.
Elle referma la porte doucement, rendit les clefs au ministre de
l’intérieur. Ce dernier se chargerait de nommer un nouveau gouverneur.
7: Prise de nouvelles, au loin.
Fitz était bien loin de sa province. Occupée à faire des tas de choses qui l’empêchaient de revenir.
Elle parvenait malgré tout à avoir
des nouvelles de sa province. Kaya Venalis avait pris sa place, la
guerre avait été déclarée à la Confédération, le Khanat Elmerien, la
Republike Kralandaise, et également le Paradigme Vert.
Tous les empires qui entouraient l’Imperium
étaient en guerre contre lui. Il allait falloir se montrer fort si l’on
voulait s’en sortir.
La guerre s’annonçait particulièrement difficile.
Après un petit mois d’absence, Fitz put enfin revenir, et porta main forte aux troupes qui luttaient pour l’Empire Brun.
8: C’est la guerre!
Fitz l’ignorait alors, mais un véritable marathon l’attendait, ainsi que tous les Irradiés, et Bruns.
L’Imperium était complètement encerclé. La guerre faisait rage sur tous les fronts. Les armées ennemies ne laissaient aucun répit aux bruns, qui encaissaient les coups du mieux qu’ils pouvaient.
Les généraux bruns devaient donner de la tête partout, alors que les généraux ennemis pouvaient travailler à plusieurs, et concentrer leurs efforts sur les points clefs.
Sur le front de l’est, en Plaines
Irradiées, Blade avait du fil à retordre. La Confédération se montrait
particulièrement agressive, et les tentatives d’invasions, même si
repoussées parvenaient chaque fois à avancer un peu plus.
Fitz faisait son maximum pour le soutenir.
Blade était en effet incapable de tenir seul face à plusieurs armées,
même s’il était général. Le soutien d’un médecin était indispensable.
Grâce à ça, Blade put mettre à terre plusieurs armées et marqua un
point contre la Confédération.
Mais ce n’était qu’un seul point, un seul et unique point.
La Confédération voulait les Plaines. Et elle les a eues.
Les Irradiés étaient à bout. Une seule
province pour faire face à tout un empire? La bataille était perdue
d’avance. L’armée de Blade fut tuée, des Irradiés emprisonnés et
éparpillés partout en Confédération.
Les Plaines étaient vaincues.
La Confédération installa une équipe
de fonctionnaires à la tête des Plaines. Celle ci se chargea de faire
la chasse aux quelques Irradiés qui n’avaient pas été capturés.
Dans un éclair de lucidité, Fitz réalisa qu’ils avaient perdu leur province.
Les Irradiés allaient se battre pour la récupérer. C’en était certain.
Mais dans combien de temps? Il n’y avait plus personne. Ce n’était pas
ses plantes médicinales ou son scalpel qui allaient faire quelque chose.
Elle décida donc de s’éloigner, et de
reculer pour souffler. Cet épisode avait été épuisant. Tant sur le plan
physique, moral et financier. Fitz n’avait plus rien, et ne pouvait
plus rien.
Elle alla donc en Mexicanentine,
province brune juste derrière les Plaines. Elle y bénéficia de la
solidarité brune: Mr.Nice l’accueillit sans hésiter chez lui. Il lui
offrit un toit, et la sécurité qui allait avec.
De là, elle put se remettre sur pied. Elle
mangea, dormi et se refit le maximum d’argent qu’elle pouvait. La
famille Nice était agréable avec elle, elle se sentait presque en
sécurité.
Quelques Irradiés avaient soit réussi à s’évader, soit avaient purgé leurs peines. Ils étaient donc rentrés.
La résistance pouvait donc reprendre de plus belle. Le but était de ne pas se faire prendre.
Certains membres de l’équipe de fonctionnaires furent capturés, et envoyés dans les prisons brunes.
Les combats étaient tous acharnés.
Fitz courrait partout pour soigner les blessures des bruns, et infliger
des régimes stricts aux confédérés qui ne se cachaient pas.
Malgré tout ses efforts, des bruns tombaient au combat. Mais la volonté et l’acharnement finirent par payer.
Les Plaines Irradiées repassèrent brunes
après plus d’une semaine d’occupation confédérée. Les irradiés étaient
cependant épuisés. Même les bruns pouvaient souffrir de la guerre.
Le gouvernement faisait son possible
pour garder ses frontières intactes. Mais grand nombre de provinces
était tombé: l’Imperium avait fondu.
Les Plaines brunes ne tinrent que deux jours. La nouvelle équipe de
fonctionnaires n’eut pas le temps de préparer quoi que ce fut, elle fut
mise dehors rapidement.
Fitz était épuisée physiquement. La
colère montait en elle. Ben n’arrivait même plus à la calmer, et
parfois elle commençait à faire peur.
Sa vraie personnalité commençait à se faire sentir.
Que faisait le gouvernement? Au nord, les provinces occupées avaient
presque toutes été reprises, et les Plaines étaient toujours sous le
joug de la Confédération. Bientôt trois semaines que cela durait!
La Confédération s’était calmée
pendant quelques jours. Mais cette période était finie. Elle
réattaquait, avec toujours plus de puissance.
Fitz se sentait complètement désarmée face à cette vague déferlante de
force! Elle ne pouvait faire qu’une chose: se cacher. Si elle se
faisait prendre, les soldats bruns n’aurait plus de médecin, et ils
tomberaient tous. Elle ne devait pas se faire prendre.
Fitz assista donc impuissante à la prise de la Mexicanentine par les forces Confédérées. Son mari se donnait sur le front, mais c’était bien loin d’être suffisant. Il ne vallait pas plus qu’un moustique sur un lion.
Fitz suppliait Naar de leur venir en
aide, de leur donner du soutien, n’importe lequel. Fitz avait
l’impression que Naar voulait voir tomber l’Empire Brun, son Empire.
Pourquoi?
Fitz était partagée entre la colère et le
désespoir. Elle n’avait même plus le temps de passer quelques minutes
seule à seul avec son époux. Ils étaient à côté, mais si loin l’un de
l’autre. C’était la situation qui le voulait, et Fitz en souffrait
silencieusement.
Il fallait repousser la Confédération avant tout.
Les raids meurtriers s’enchainaient.
Fitz avait tout perdu à nouveau. Elle ignorait comment, elle avait
malgré tout réussi à ne pas se faire enfermer en prison.
De l’aide extérieure était sensée venir reprendre les Plaines. Cela devait arriver il y a plusieurs jours.
Fitz attendait, attendait, attendait.
Mais quand cette aide allait-elle se décider à venir?
La chasse aux bruns redoublait sans cesse
ses efforts. Fitz réussissait à passer au travers des mailles du filet,
mais combien de temps tiendrait-elle? Elle l’ignorait, mais savait
qu’elle craquerai bientôt.
Les confédérés faisaient preuve d’une violence inouïe. Les bruns en arrivaient rarement la, c’est dire!
Fitz allait baisser les bras. Cela
faisait un mois qu’elle se saignait pour récupérer sa province. Aucune
tentative n’avait abouti, aucune.
Pour tout résultat, la Confédération s’était un peu plus enfoncée en
Empire Brun. Si la Mexicanentine avait été récupérée par les bruns, les
Plaines elles, sombraient toujours plus.
Et puis, l’aide extérieure arriva. Ce fut le coup de fouet qui redonna du mordant aux irradiés.
Des bruns, venus de l’empire, venaient les aider à reprendre la province.
Fitz, particulièrement affaiblie par ce mois
de guerre se releva, et reprit ses armes à elle. Il y allait y avoir du
monde à soigner.
L’équipe semblait être
particulièrement bien rodée. Les fonctionnaires confédérés furent
capturés, et emprisonnés un peu partout en Empire. La confédération
renvoya des généraux, afin de renforcer sa position qui vacillait à
présent. Mais les irradiés présents étaient trop motivés pour s’arrêter
à ce détail.
Le général Blade pu arrêter les armées
envoyées grâce à l’aide indispensable de Fitz. Elle ne comptait plus
combien de fois elle l’avait sorti du coma.
Les fonctionnaires emprisonnés, les armées
détruites, l’Empire envoya le peu de force qu’elle pouvait déplacer,
afin de reprendre les Plaines.
Les Plaines furent reprises de manière définitive plus d’un mois après leur annexion à la Confédération.
Les choses rentrèrent peu à peu dans l’ordre. Les Irradiés encore
incarcérés en Confédération revinrent les uns après les autres. Ben,
l’époux de Fitz, avait accumulé tellement d’avis de recherche en
Confédération, qu’il lui serait probablement impossible d’y retourner
de son vivant.
Beaucoup d’Irradiés avaient tout perdu, à plusieurs reprises.
L’Imperium signait les traités de trêve, et le peu des troupes brunes qui restait pouvait enfin souffler.
Fitz était exténuée, et n’avait qu’une envie: dormir.
L’équipe de fonctionnaires intérimaire remettait la province à flot. Le
budget n’était plus constamment en négatif, et on pouvait trouver à
nouveau du travail en ville. Les auberges reprenaient leur concurrence
virulente.
La vie reprenait son cour.
Seulement, Fitz gardait en elle toute la colère que la Confédération et les confédérés avaient pu faire naitre en elle.
Si les bruns n’aimaient pas les confédérés de manière naturelle, Fitz, elle, les haïssait dorénavant.
9: Récupération
L’imperium pouvait souffler à présent. La guerre était en pause, et en voie d’être stoppée. Les traités de trève se transformaient pour certains en traités de paix.
Les Irradiés avaient repris le
contrôle de leur province: l’équipe de fonctionnaires intérim était
repartie d’où elle venait, laissant la direction aux locaux.
Fitz, elle, n’avait pas voulu de poste. Elle voulait se reposer
tranquillement, sans se charger des soucis d’une ville ou de la
province. Elle se reconstruisait doucement: les blessures infligées par
cette guerre avaient été profondes, des mois ne seraient pas
nécessaires pour les effacer.
C’était son époux, BenSchmark qui
avait récupéré le poste de gouverneur. Fitz en était fière, et ne le
cachait pas: son mari dirigeait, et elle, elle se chargeait de faire en
sorte qu’il soit respecté comme il se devait.
La personnalité de Fitz s’affirmait toujours
plus. Si quelques mois plus tôt, elle était intimidée par beaucoup,
elle prennait à présent les devants et n’hésitait plus à se lancer dans
une affaire.
Les Plaines tournaient bien,
l’économie ne rencontrait pas de problème. L’Imperium remontait la
pente, on pouvait presque dire que la vie était belle.
Les Irradiés, fidèles à eux mêmes, avaient repris leur raids taquineurs
sur leur voisins confédérés: la province du Bauhaus, et sa capitale
Méta-Concept. C’était leur sortie pour ne pas rouiller: vols, grafitis,
entartrage, casse, tout était de mise pour taquiner leurs voisins. Fitz
participait à ces raids, mais elle y allait souvent en accompagnatrice:
les Irradiés s’en sortaient très souvent indèmne. Par concéquent, Fitz
n’avait même pas à sortir un petit pansement.
Son mari y participait quand il pouvait. Si la malette de secour de
Fitz restait fermée, ses corsets toujours plus saillant ne le restaient
pas pour BenSchmark.
Qui, véritablement, remarquaient leur absence? Une heure, qu’était-ce? Pas grand chose, mais suffisant pour les deux mariés.
Le mandat de BenSchmark au poste de
gouverneur se passait sans encombre. Oserait-on dire que tout allait
trop bien? L’ennui s’invitait presque. Mais les rancoeurs, même
profondément enfouies demeuraient.
Après un début de nuit particulièrement privé, les deux époux restés
tendrement enlacés l’un contre l’autre. Le souffle chaud de BenSchmark
carressait l’épaule de Fitz, qui commençait à s’endormir. C’est à ce
moment qu’il augmenta la pression de sa main sur sa hanche, afin
qu’elle se retourne vers lui.
Quand elle le regardat, il lui fit part des fruits de son inspiration machiavélique.
Les Plaines avaient beaucoup souffert
pendant l’occupation. La Confédération, habituellement traitée de
moule, avait gravement entamé l’honneur de l’Imperium. Pourquoi ne pas se venger? Fitz ne voyait pas où son mari voulait en venir, mais elle l’écoutait avec attention.
BenSchmark voulait qu’elle s’en aille. Il
souhaitait la voir partir au Bauhaus. Oui, elle devrait se faire
naturaliser confédérée, même si cela la répugnait. Même si elle
haïssait la Confédération, elle devrait en être citoyenne. Et plus!
Elle devrait s’imposer au Bauhaus, et prendre le poste de gouverneur
afin de diriger la province.
Fitz réflechit. Elle s’était souvent
rendue au Bauhaus, mais pas pour dire bonjour ou faire des affaires.
Elle y était allée lors de raids bruns, qui avaient pour but de faire
mal. Elle n’était pas appréciée dans cette province, ce plan était voué
à l’echec.
Mais Fitz avait plus d’un tour dans son sac. Si elle avait défendu bec
et ongle les Plaines brunes, elle était capable de porter un masque que
personne ne verrait. Tout le monde, absolument tout le monde la
croirait, et adhèrerait à ses mensonges.
C’était l’occasion pour se venger. Se venger de tout ce que la
Confédération avait fait subir. La honte, la violence, les mensonges,
les vols.
Rien que d’y penser, Fitz sentait la colère monter en elle.
La Confédération… Fitz n’éprouvait
que de la haine à son égard. Certes, Fitz ne possédait pas la force
physique pour se battre. Mais elle avait la ruse et l’intélligence de
son côté. Des armes redoutables si on savait les manier, et elle savait
les manier.
La Confédération s’était Fitz à dos, elle allait s’en mordre les
doigts. Encore fut-il qu’elle comprît ce qui allait lui arriver pour
faire ça.
Les yeux de Fitz pétillaient de
malice. L’idée de son époux était simplement magnifique. Magnifique. La
Confédération comprendrait qu’on ne s’en prend pas aux Bruns sans en
subir les concéquences. Cela prendrait le temps qu’il faudra, mais Fitz
irait jusqu’au bout.
Elle embrassa langoureusement son époux, dont elle était toujours plus amoureuse.
10: Installation au Bauhaus
Fitz partit donc pour Acropole, à Forum: la capitale de la Confédération. Elle allait y déposer sa demande de naturalisation. Un irradié l’accompagnait, et pas n’importe lequel: Gestin Bond. Fitz l’appréciait vraiment, et chaque moment passé avec ce gentleman exemplaire était un régal.
Gestin fut accepté avant Fitz en
Confédération. Son charme étant sans doute plus efficace. Fitz dut
attendre deux jours de plus son papier gris. Une fois qu’elle l’eut en
main, elle est Gestin partirent ensemble pour le Bauhaus.
L’acceuil fut bien plus agréable que Fitz s’y attendait. La population
se souvenait bien d’elle: elle avait mené plusieurs raids bruns sur
eux, c’était normal. Mais, contrairement à ce qu’elle pensait, aucun ne
lui fut désagréable. La mission s’annonçait bien.
Les jours passaient. Gestin et Fitz avaient été acceuilli par Horo, qui leur offrait le toit. Fitz avait commençait un chantier: celui d’une minuscule chapelle de Naar. La charpente avançait bien, les murs grimpait: le chantier se portait à merveille. Fitz possèderait bientôt un temple, et une cathédrale suivrai sans problème. Et pourquoi pas une basilique? Naar le méritait.
Fitz s’était en effet convertie il y a quelques mois déjà à cette sombre religion. Elle aimait le sadisme qui s’en dégageait, la manipulation, la méchanceté, tout. Tout lui semblait parfait à ses yeux, dans cette religion. Naar était redoutable, et redouté. Fitz était fière de le prier et le servir.
Les jours filaient sans que personne
ne pût les arrêter. Fitz et Gestin étaient à présent largement intégrés
à la population bauhaussienne. Fitz avait fait un court intérim à la
tête de Méta Concept, la capitale du Bauhaus, et présentait sa
candidature pour le poste de gouverneure. Elle avait de l’expérience,
des nouveautés à proposer, une touche brune à donner à cette province
ramollie.
Sa campagne se passait sans embuche. Horo n’avait même pas donné de
programme, ne disait rien sur la place publique, et John Mc Taghart,
est-ce utile de dire qu’il ne représentait aucune menace? Fitz était
donc assurée de gagner ces élections, et donc la gouvernance du Bauhaus.
Horo gagna.
Fitz avait pourtant bien fait les choses,
mais son ami Gestin lui, un peu moins bien. Horo avait triché, mais
Fitz aussi pour rattraper le coup: elle devait gagner! Et normalement,
elle aurait du gagner. Enfin, Gestin se trompa et donna une voix en
plus à Horo.
La malchance à son comble.
Fitz était énnervée, mais cela
passerait: elle n’était pas pressée. Et ce délai suplémentaire ne
ferait qu’asseoir sa position au Bauhaus.
BenSchmark lui manquait. La basilique que Fitz avait construite était
grande, trop grande pour elle, même si Gestin occupait la chambre d’à
côté. Fitz se sentait seule, et priait Naar de souffler à son mari
l’envie de venir la rejoindre ne serai-ce que pour la voir, une soirée
ou deux.
BenSchmark ne vint pas. Il perdit son poste de gouverneur des Plaines Irradiés. Fitz écrivit une missive acide au ministre de l’intérieur brun qui avait remplacé son mari. Tout ce qu’elle reçut comme réponse fut que BenSchmark était devenu un poids, et qu’il devait être remplacé. Peu importe ce qu’elle disait. Le creu sentimental augmenta en Fitz: son mari lui manquait.
Pendant ce temps, elle s’imposait de
plus en plus sur la place publique du Bauhaus. Elle montrait le visage
d’une femme autoritaire, et dont l’autorité s’accroissait de jour en
jour, audacieuse qui n’hésitait à pas défendre bec et ongle la
province, impressionnante.
Si Fitz se montrait toujours plus forte, ce n’était qu’une façade.
L’absence de BenSchmark la faisait souffrir, et le simple fait de ne
rien pouvoir dire ni montrer à personne accentuait ce manque. Fitz
maîgrissait, mais personne ne le remarqua.
Horo, dans son instabilité mentale s’apprétait à entrainner le Bauhaus dans une affaire qui durerait bien trop longtemps.